Symbolisme phallique

Le symbolisme phallique est le symbole de la virilité et de la fécondité. Dans de nombreuses civilisations et dès l'Antiquité le pénis était par exemple associé à des divinités comme Osiris ou Bacchus.



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Pénis - Anatomie de l'appareil reproducteur masculin - Appareil reproducteur - Symbole - Métapsychologie

Phallus ailé et vagins sur un couvercle attique, vers 450-425 av. J. -C. , Musée national archéologique d'Athènes
Phallus sculpté à Délos (mer Égée)
Phallus

Le symbolisme phallique est le symbole de la virilité et de la fécondité. Dans de nombreuses civilisations et dès l'Antiquité le pénis était par exemple associé à des divinités comme Osiris ou Bacchus. Dans certaines tribus des Indiens d'Amazonie, la taille du phallus est directement liée au rang social. Les hommes mettent ainsi un étui pénien indiquant leur rang social.

En Mésopotamie et en Inde (où on voue un véritable culte au phallus, appelé lingam), le caducée — emblème de fécondité — est représenté par deux serpents s'enroulant autour d'un phallus, verge nue ou fleurie, ou encore arbre de vie. Si on trouve le plus souvent un oiseau au sommet de l'arbre de vie, on y trouve un serpent à sa base. Il peut être aussi représenté par un vase dont jaillit l'eau (symbole de vie). Ici, le vase représente le phallus éjaculant, symbole de fécondité.

En Occident, le phallus a été longtemps un symbole de fécondité, et par extension, un porte-bonheur. Sa représentation était fréquente à la porte des maisons, ou pour désigner la direction du lupanar (Pompéi). On le trouvait aussi en érection sur des colonnes hermaïques, dites ithyphalliques, à la croisée des chemins ou devant certains temples (Délos). Il est l'attribut le plus constant des satyres qui accompagnent Dionysos, et du dieu romain Priape. Enfin il était fréquemment porté en amulette apotropaïque autour du cou, chez les enfants romains.

La christianisation a restreint le phallus à l'acte sexuel. Ce dernier étant réservé à l'alcôve, les symboles phalliques se sont vu classer comme obscènes et païens, et ont disparu.

En Galice, on trouve des horreos, blocs de pierre ornés à un bout de la croix catholique et , à l'autre, d'un phallus païen. Ces constructions servent à conserver le grain.

Phallus et psychanalyse

Dès les débuts de la psychanalyse, Sigmund Freud révèle une sexualité infantile bien éloignée de la fonction génitale de reproduction. Cette sexualité laisse cependant une place au phallus comme clé de la structuration psychique individuelle.

Stades libidinaux

Dans l'évolution de stades libidinaux, indiquant l'intérêt sexuel mis en avant par la personne en maturation, on rencontre en premier lieu un stade urétral, dans lequel la satisfaction consiste surtout à uriner, puis un stade génital, ou stade phallique, qui n'efface cependant pas la sexualité psychique pré-génitale. Les deux stades, urétral et phallique, sont espacés de la période de latence. Le stade phallique se révélera totalement dans le processus de subjectivation à l'adolescence, forte réactivation du complexe d'Œdipe.

Castration

La castration, ce fantasme originaire expliquant la différence des sexes par l'ablation du phallus chez la femme, fait du phallus le centre de la structuration identitaire. L'angoisse névrotique serait avant tout angoisse de castration, tant chez l'homme, qui souhaite pouvoir jouir de son phallus, que chez la femme, qui souhaite annuler la castration en se procurant le phallus paternel, ou en ayant un enfant.
Quant au fétichisme sexuel, il s'agirait d'un clivage du moi : une partie de la personnalité consciente ne reconnaît pas la castration, et prête à la femme un phallus.

Ces différents éléments quant à la castration amènent plusieurs auteurs, et pas uniquement le mouvement du féminisme, à critiquer un certain phallocentrisme de la psychanalyse.

Le phallus chez Jacques Lacan

Lacan pérennise la centralité de la notion phallique — c'est qu'il en modifie la nature même. Lacan débute par noter un phallus imaginaire, objet du manque, qui pose la relation entre le nourrisson et sa mère comme une triangulation. Ce triangle sera systématisé dans le schéma R.

Mais Lacan en vient en particulier à noter un phallus symbolique, qui s'avère le signifiant même du désir. Cette notion est étudiée par exemple dans le refoulement originaire substituant au désir de la mère les Noms du Père. Lacan révèle que le phallus ne se présente pas tant comme organe viril que comme dialectiques : être ou ne pas être le phallus, mais aussi avoir ou ne pas avoir le phallus.

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